Coworker Beliefs
2025
Coworker beliefs met en scène une peau fragmentée, suspendue sur un valet en bois. A première vue, l'installation évoque un vestiaire de travail, zone de transit où l'on suspend chaque soir l'uniforme et l'identité qui va avec. Ici, les vêtements n'en sont pas. C'est une mue.
Derrière ce déplacement anodin, affleure une croyance souvent relayée entre deux pauses ou dans les marges d'Internet : la conviction que la classe dirigeante ne peut en aucun cas être humaine. Que leur apparence n'est qu'un déguisement, un uniforme porté pour se fondre parmi nous. Que quelque part sous le costume, vit quelque chose de tout à fait autre. Quelque chose de froid, d'insondable. D'extraterrestre.
Coworker beliefs habite ce doute, brouillant les lignes entre travailleur exténué et administrateur post-humain, entre discussion de couloir et suspicion ontologique. Les peaux sont vides, encore tièdes. Elles pendent là, non comme des reliques, mais comme des preuves : le corps s'est retiré, mais quelque chose reste en veille, prêt à reprendre forme.